Tai chi – Qi Gong : Essence, monde et philosophie

Je partage ici quelques citations, extraits ou phrases, qui ont fortement résonné dans ma pratique, ou qui ont été sujets d’observation, de recherches et d’explorations. D’autres ont été le point de départ de découvertes, souvent fascinantes, sinon toujours subtiles. D’autres encore sont sources d’inspiration ou de questionnements.

27 novembre 2021

Notre ami 顾美生 Gu Meisheng continue :  » Ainsi, grâce à une pratique assidue et répétée du taiji quan, on comprend que lorsqu’il est question d’ouverture et de fermeture, ce ne sont pas des parties du corps qui s’ouvrent et qui se ferment, mais le souffle; puis en progressant dans la pratique, on comprend que ce n’est pas le souffle qui s’ouvre et puis se ferme, mais le yi, l’image intérieure, guide du souffle, lui-même guide du corps.

Puis progressant encore, on comprend que cette ouverture et cette fermeture ne viennent pas de l’image intérieure , mais de ce quelque chose d’encore plus subtil, ce vide médian, nécessaire, nous dit Laozi, pour que la roue d’un char puisse tourner, ou qu’une cruche puisse avoir son utilité.« 

8 novembre 2021

« Sur ce cheminement pour trouver la Voie (Dao), le souffle (qi) joue un rôle essentiel. Pivot entre le corps et l’esprit, sa mise en mouvement permet les transformations de soi. On part du corps, la partie physique de notre personne qui semble plus proche de nous, pour petit à petit percevoir les émotions et le tumulte intérieur, et transformer son être grâce au chemin du souffle. Selon la terminologie de l’alchimie interne du taoïsme, il convient d’affiner son essence vitale (jing精) pour la transformer en souffle, d’affiner son souffle (qi氣) pour la transformer en puissance spirituelle, et d’affiner sa puissance spirituelle (shen神) pour l’intégrer à la Vacuité, dans un mouvement de retour vers l’essentiel […].

顾美生 Gu Meisheng, Le chemin du souffle.

5 novembre 2021

« Y a-t-il vraiment ou n’y a-t-il pas deux vues, celle-ci et celle-là? Elles n’ont pas trouvé leur point de correspondance qui est appelé le pivot du Tao. Dès que l’on trouve ce pivot, on se tient au centre de l’anneau où l’on peut répondre sans fin aux vues changeantes. » Tchouang Tseu (cité dans Principes, pratique et interprétation du Yi-Jing, J.-P. Schlumberger)

Le ressenti

Un mot qui renvoie à ce qu’on perçoit avec nos sens usuels, et qui englobe aussi tout ce que l’on sent à l’intérieur, de manière directe ou subtile, au travers de nos émotions, de l’intuition ou d’autres voies.

C’est l’outil principal qui permet de se connecter à soi-même et le passage vers quelque chose de plus grand. Le Qi Gong et le Tai Chi permettent justement de développer et d’affiner ce ressenti. A travers la pratique, on (re)découvre des sensations ou même des parties du corps. Il ne s’agit pas de développer des super « pouvoirs », mais d’affûter ces « antennes » en observant ces perceptions internes toujours plus subtiles.

Pourquoi utiliser ce que l’on sent? Pourquoi l’affiner?

Parce que sentir, c’est être en lien avec la vie. Travailler son ressenti au travers du corps physique et énergétique permet d’augmenter, d’affiner, d’ajuster notre relation avec la vie. Il nous fait d’abord prendre conscience des tensions qui nous entravent et du mouvement de vie à l’intérieur de nous. Enfin, il nous permet de développer cette connexion intime avec soi pour plus d’authenticité. Plus on prend conscience de cette connexion avec la vie, plus on est amené à la suivre.

Etre dans le ressenti ne laisse pas de place au mental. Tant que l’attention est portée sur la perception, le planificateur, le décideur, le parleur ne peut déployer pleinement son emprise. Et inversement. Lorsque l’on parle, analyse ou qu’on veut aller vite, la sensation ne peut être perçue de manière totale. Etre dans le ressenti nous oblige à être là, maintenant, pour répondre à la question: qu’est-ce que je ressens? Cet ici et maintenant est l’espace en nous qui nous permet d’accéder à plus grand.

Ci-après le lien vers un texte sur le ressenti de Thierry Vissac, dont la vision résonne à celle que j’en ai: http://www.istenqs.org/Ressenti.htm

Comment?

Ecouter, c’est se donner le temps de sentir et de ressentir. Pour cela, ralentir est nécessaire pour pourvoir vraiment regarder à l’intérieur. Comme l’eau d’une rivière que l’on regarde s’écouler, prendre conscience de ces perceptions internes, son ressenti, sans oublier qu’on les (l’) observe.

Une vidéo essentielle sur l’écoute: réapprendre à écouter en toutes circonstances, que l’on soit en train d’écouter quelqu’un parler, de méditer ou de faire du Qi Gong 🙂

Et quand le silence se fait, l’impression qu’il se déploie à l’infini.